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Eclairage

Homélie pour le vingt-cinquième Dimanche dans l'Année

22 Septembre 2007, 07:00am

Publié par Simon Duplessis

Homélie pour le vingt-cinquième Dimanche dans l'Année  -  Année C  -  Lc. 16, 1-13


" Jésus disait à ses disciples : «Un homme riche avait un économe qu'on
accusa devant lui de dilapider sa fortune.  Il le fit venir et lui dit :
Qu'est-ce que j'entends dire de toi ?  Rends compte de ta gestion, car
désormais tu ne pourras plus gérer mes biens.  L'économe se dit alors :
Que faire, puisque mon maître m'enlève mon intendance ?  Bêcher la
terre ?  je n'en ai pas la force.  Mendier ?  j'en aurais honte.  Je vois
ce que je vais faire pour trouver des gens qui me reçoivent chez eux
lorsque j'aurai perdu ma place.  Il fit alors venir séparément chacun des
débiteurs de son maître.  Il dit à l'un : Combien dois-tu à mon maître ? 
L'homme répondit : Cent mesures d'huile.  L'économe : Assieds-toi là,
voici ton billet, écris vite : Cinquante.  Et toi, dit-il à l'autre,
combien dois-tu ?  Celui-ci répondit : Cent mesures de froment. 
L'économe reprit : Voici ton billet, écris : Quatre-vingts.  Et le
propriétaire admira l'astuce de l'intendant malhonnête ; les enfants de
ce siècle sont, en effet, plus judicieux dans leur conduite envers les
gens de leur espèce, que ne le sont les enfants de lumière.  -  Et moi je
vous dis : Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête, pour qu'au jour
où il viendra à vous manquer, ils vous reçoivent dans les tentes
éternelles.»

" «Celui qui est fidèle dans les moindres choses, est aussi fidèle dans
les grandes ; celui qui est injuste dans les moindres choses, est aussi
injuste dans les grandes.  Si donc vous n'avez pas été fidèles dans la
richesse injuste, qui vous confiera les biens véritables ?  Et si vous
n'avez pas été fidèles dans ce qui appartient à autrui, qui vous donnera
ce qui vous revient ?  Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il
haïra l'un et aimera l'autre ; ou il se vouera à l'un et fera fi de
l'autre.  Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent.» "



Homélie :


" Jésus disait à ses disciples : «Un homme riche avait un économe qu'on
accusa devant lui de dilapider sa fortune.  Il le fit venir et lui dit :
Qu'est-ce que j'entends dire de toi ?  Rends compte de ta gestion, car
désormais tu ne pourras plus gérer mes biens.» "

Jésus enseigne ses disciples, il poursuit sa catéchèse par une nouvelle
parabole qui va lui servir à attirer l'esprit de ses disciples vers les
réalités du Ciel, et ce, en partant des réalités terrestres auxquelles
nous sommes le plus attachés : l'argent et le profit en tout genre.  "Un
homme riche avait un économe... et lui dit : Rends compte de ta
gestion..."  A la fin de notre vie, le Seigneur dira aussi à chacun
d'entre nous : Rends compte de ta gestion !  Je t'avais comblé de biens
et de grâces de toutes sortes, qu'en as-tu fait ?  Il est temps !  Ou
plutôt, le temps n'est plus, dira le Seigneur !  Désormais tu ne pourras
plus gérer mes biens...

" «L'économe se dit alors : Que faire, puisque mon maître m'enlève mon
intendance ?  Bêcher la terre ?  je n'en ai pas la force.  Mendier ? 
j'en aurais honte.  Je vois ce que je vais faire pour trouver des gens
qui me reçoivent chez eux lorsque j'aurai perdu ma place.» "

Nous voyons bien ici que cette parabole s'adresse à nous qui vivons
maintenant !  Car la sentence de l'homme riche, celui pour qui l'économe
infidèle travaille, ne s'applique pas tout de suite : l'économe a encore
le temps de prendre ses dispositions afin de parer à cette issue fatale
qu'il voit venir, celle de la perte de sa place.  "Je vois ce que je vais
faire pour trouver des gens qui me reçoivent chez eux lorsque j'aurai
perdu ma place."  La sentence du maître de maison n'est pas encore
tombée, mais l'économe peut la prévoir, et il peut la prévoir à temps ! 
C'est tout ce qui compte !  Si, nous aussi, nous sommes prévoyants, alors
nous pourrons comparaître en pleine assurance devant le Juge éternel
lorsqu'il nous dira : Rends compte de ta gestion !

" «Le propriétaire admira l'astuce de l'intendant malhonnête ; les enfants
de ce siècle sont, en effet, plus judicieux dans leur conduite envers les
gens de leur espèce, que ne le sont les enfants de lumière.  -  Et moi je
vous dis : Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête, pour qu'au jour
où il viendra à vous manquer, ils vous reçoivent dans les tentes
éternelles.» "

Que signifie cet argent malhonnête ?  La réponse n'est pas à chercher en
dehors du contexte de cette parabole.  En effet, comment l'économe
infidèle réussit-il à gagner malhonnêtement de l'argent ?  Tout
simplement, en remettant une partie de la dette des débiteurs de son
maître.  C'est donc ce que nous devons faire nous aussi, mais pas de la
même façon.  Nous ne devons pas agir en enfants du siècle, mais bien en
enfants de lumière !  Cela veut dire que nous devons remettre les dettes
de ceux qui nous doivent quelque chose en vertu de leur offense à notre
égard.  En un mot, nous devons faire ce que le Seigneur lui-même nous a
enseigné dans sa prière : "Notre Père... remets-nous nos dettes comme
nous-mêmes les remettons à nos débiteurs." (Mt. 6, 12)

Nous devons pardonner à tous ceux qui nous ont offensés !  Car ainsi nous
nous ferons des amis : "Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête..." 
Le pardon réalise l'unité de tous les fidèles du Christ et, par là, celle
de tous les hommes et de toutes les femmes sur la terre !  Il est temps
encore !  Il n'est pas trop tard pour pardonner à celui, à celle qui nous
a offensé !  Oui, maintenant, il n'est pas trop tard, mais un jour
viendra, peut-être très vite, où il n'y aura plus de pardon possible...
Ce sera trop tard alors ; ce sera le moment de l'éternité où il nous
faudra rendre compte de notre gestion !  En ce jour-là, nous ne pourrons
plus trouver d'argent malhonnête : il nous manquera, car le pardon ne
sera plus !  "Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête, pour qu'au
jour où il viendra à vous manquer, ils vous reçoivent dans les tentes
éternelles."

" «Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera
l'autre ; ou il se vouera à l'un et fera fi de l'autre.  Vous ne pouvez
servir Dieu et l'argent.» "

Au cours de cette Eucharistie, nous allons accueillir en nous celui qui
s'est fait le serviteur de tous : Jésus !  Servons-Le nous aussi ! 
Soyons d'autres Christ à sa suite !  Pardonnons à nos ennemis, comme
Jésus a pardonné à ses ennemis !  Remettons les dettes de ceux qui nous
doivent : ne nous attachons pas à l'argent !  Servons Dieu seul, et non
pas l'argent ! 

Que Marie nous aide à trouver la voie du salut à la suite de son divin Fils !


Chanoine Dr. Daniel Meynen

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