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Eclairage

La conduite du changement dans l'armée

13 Juillet 2008, 17:38pm

Publié par Grégoire

La complaisance et la suffisance au pouvoir
 
Il me parait particulièrement utile de mentionner la courageuse et pertinente interview de mon ami Montety qui reprend directement les questions que se pose un certain nombre de français devant les mutations affectant l'armée française aujourd'hui.
 
J.L Georgelin se veut conscient et lucide sur les évolutions de notre amée, forte d'un passé glorieux mais pas toujours couronné de succès, et sur le rapport délicat entre politique et défense.
 
Le changement, s'il s'impose aujourd'hui de façon aussi radicale et brutale, est bien le signe que le réveil est tardif. La chute du mur de Berlin, dernier grand évènement qui a marqué la fin du modèle hérité de la deuxième guerre mondiale, date quand même  de 1989.
 
Depuis, comment expliquer le train de sénateur adopté par les politiques dans la réforme de nos forces et partant dans l'affectation des budgets et la rationnalisation des moyens qui doivent  être précédées par un  travail de prospective portant en particulier sur le matériel et  les équipements ?
 
Le choix fondé sur les individus, pour valable qu'il soit, nous a privé des moyens de transport nécessaires à la projection des troupes sur les lieux de combats, des moyens de communication dont ne se sont pas privé les US et également d'une révision des armements lourds et individuels qui nous font cruellement défaut sur les terrains d'opération comme en Afghanistan
Le résultat est que l'institution ne comprenant plus sa mission, passée d'une defense du territoire à des missions de maintien de l'ordre et d'évacuation ou d'observation, est démotivée voire désespérée et tente par tous les moyens de conserver les acquis dans un reflexe de sauvegarde de son idendité.
 
Ce phénomène , généralement observé  lors de la conduite de changement, est la conséquence de décisions souvent prises par le sommet de la hiérarchie  sans concertation avec la base.
Le passage en force et le Livre Blanc imposé par le politique ne sont pas pour rassurer
en raison d'une part de la mauvaise définition des objectifs et d'autre part du fait de l'absence de moyens au motif d'économies mal comprises. Ce phénomène est tout aussi observable dans les autres institutions (hôpitaux, Education Nationale...).
 
Redéfinir les missions, renouveler le lien entre le politique, la hiérarchie, l'encadrement intermédiaire et la base, respecter la vocation centrale et primaire des armées, communiquer et expliquer ce que la Nation attend de s forces armées, engager des budgets de mise en conformité des équipements et enfin accompagner, expliquer et former des personnels sélèctionnés pour leur esprit et non pour des raisons sans lien avec la grandeur de la fonction, voila un programme apte à redresser l'Armée et à générer des vocations.
 
Mais nous sommes loin du mépris et des provocations auxquels nous assistons et, n'en déplaise à J.L G, ceci nous rappelle l'origine  de nos cuisantes défaites du XX° siècle.


«En tant que membre du conseil de sécurité, la France ne peut se décharger de ses responsabilités lorsque l'ordre du monde est mis à mal», estime le général Jean-Louis Georgelin à propos des missions confiées aux militaires français. (photo François Bouchon / Le Figaro)
 
 

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