Total et la Birmanie
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Que sait-on de la Birmanie ?
C'est un pays riche potentiellement de son sous-sol (pétrole, gaz, zinc, nickel, or, pierres précieuses) et de son sol (bois de teck) mais qui est surtout le premier
producteur d'héroïne du monde .
Le pays possède près de 2000 km de côtes et se situe entre la Thaïlande à l'est, l'Inde et le Bangladesh à l'ouest et la Chine au nord. La population (50 millions
d'habitants) est sous la coupe réglée d'une dictature militaire mise en place depuis 1962.
Total
Depuis août 2002, Total est l’objet d’une plainte, pour usage du travail forcé en Birmanie, déposée en France par une association pour la défense des droits de l’homme.Ces exactions auraient eu
lieu en 1992-1998 sur le chantier du gazoduc Yadana, construit par Total et la compagnie américaine Unocal pour relier un gisement maritime birman à la Thaïlande.
Payé par Total, Kouchner blanchit Total en Birmanie (Nouvel Obs.).
Total par l'intermédiaire de sa filiale BK conseil et de Jean Veil (le fils de Simone) fait appel à Bernard Kouchner, le célèbre french doctor dont l'honnêteté et la bonne foi ne
peuvent être mis en doute. Dans un rapport payé 25 000 euros, Kouchner dédouane la compagnie pétrolière : elle n'est pas responsable des exactions de la junte et a versé des fonds pour différentes oeuvres
locales.
D'après lui, en particulier, il n' y avait pas de travaux forcés :
Il ne s'agissait que d'une confusion avec le
chantier voisin d'une voie ferrée où "il est probable que des travaux forcés aient malmené les populations".
"N'oublions pas, ajoute
Kouchner , que pour détestable qu'il soit, le recours au travail forcé est une coutume ancienne, qui fut même légalisée par les Anglais en 1907."
Malgré ce rapport sympathique, la société Total accepte tout de même de verser 10 000 euros à
chacun des sept Birmans qui l’accusent d’avoir été contraints de travailler gratuitement pour elle sous la menace de l’armée birmane en 1995. Total se sent toutefois obligé (pour se faire
pardonner ?) de consacrer 5,2 millions d’euros à l’indemnisation d’autres personnes qui pourraient justifier d’un emploi comme travailleur forcé et à des « actions
humanitaires collectives pour l’habitat, la santé et l’éducation » (associations caritatives et hopitaux).
Et pourtant, Total faisait semblant de ne rien voir :
Peu après la diffusion du rapport Kouchner, Le Figaro et Le Nouvel Observateur ont publié, le 18 décembre, un entretien avec un homme présenté comme le "chef de la sécurité de Total en
Birmanie de 1995 à 2002". L'intéressé - "ancien capitaine de la Légion étrangère", assurait que "l'armée birmane
forçait les villageois à marcher dans le corridor du gazoduc truffé de mines antipersonnel". "J'ai vu moi-même cinq paysans sauter sur des mines", affirme-t-il.
Et voici le témoignage d'un soldat Birman :
"Aujourd'hui, 16 novembre 2002, je tiens à vous faire part de mon témoignage dont les détails sont décrits ci-dessous.
" Nous avions reçu l'ordre de notre commandant, le lieutenant colonel Than Win, de nous occuper de la compagnie
Total. Nous nous sommes préparés pour le voyage et avons réquisitionné 150 travailleurs forcés. (...) Nous avons fait travailler les ouvriers pour la construction d'une piste d'atterrissage.
(...) Parmi les travailleurs forcés de la piste qui étaient malades, deux sont morts.
Total ne procurait ni médecin, ni soin, ni médicament. Un responsable de Total indiquait à notre commandant, sur une carte de la région, où devaient se rendre les travailleurs. (...)
Quand nous avons terminé notre travail, les officiers de la société Total ont pris des photos de notre travail à partir de l'hélicoptère. (...) Entre la société Total et l'armée existaient des
liens solides. L'armée envoyait et commandait les travailleurs sous la responsabilité de Total."
Dr Kouchner et Mr Total
Le problème de fond est toujours le même : le business totalement propre est-il
possible en ce bas monde ? Si total n'était pas en Birmanie une autre compagnie aurait pris sa place... c'est ce qui dit Mme Yade en l'occurence.
En revanche on peut s'interroger sur le rôle dans cette histoire de Bernard Kouchner qui se pose habituellement en héraut des droits de l'homme et en initiateur du concept
d'ingérence.
Finalement , il faut croire que c'est surtout quand ça l'arrange ...
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