La colombie, Uribe et les méchants FARC
Je me méfie toujours de BHL, de ses prises de positions qui puent la bonne conscience et de ses déclarations
arrogantes. C'est pourquoi quand il dénonce Hugo Chavez , les FArc et porte aux nues la démocratie colombienne, cela donne envie d'aller se renseigner sur la réalité colombienne.
Que peut-on dire ?;
1/ Il y a du pétrole en Colombie comme au Venezuela . C'est la donnée essentielle pour comprendre pourquoi il faut absolument diaboliser le président Vénézuelien et soutenir le
président colombien pro américain .
2/ Dans ce pays, les inégalités sociales sont extrêmes, avec une classe politique entièrement dévouée aux intérêts d'une poignée de familles colombiennes et à ceux des
grandes compagnies étrangères, notamment américaines.
Rappelons que 25 % des Colombiens les plus riches ont des revenus 30 fois plus élevés que les 25 % les plus pauvres, et que 80 % des 13 millions de personnes abandonnées par l'État dans les
campagnes, les amérindiens et les Afro-Colombiens, vivent en dessous du seuil de pauvreté.
0,4% des propriétaires possèdent 61,2% de la surface rurale
enregistrée au cadastre », tandis que 85% des paysans vivent dans la pauvreté
l’armée et les nombreux groupes paramilitaires qui travaillent, souvent main dans la main, assurent la logistique des compagnies minières et pétrolières américaines en plein cœur des
territoires autochtones, sans égard pour les ethnies locales ( parfois expulsées de gré ou de force) et en ignorant les engagements internationaux concernant la protection des ressources naturelles et des droits de la personne.

Ainsi, en décembre 1998, des mercenaires nord-américains, travaillant pour l’entreprise de sécurité nord-américaine AirScan (qui depuis 1997
supervise la protection des pipelines de l’Occidental Petroleum en Colombie), étaient impliqués dans la planification d’une attaque militaire contre une supposée colonne des FARC près du village
de Santo Domingo dans le département de l’Arauca. Lors de l’attaque un hélicoptère de l’armée colombienne avait lancé une bombe sur le village, tuant 18 civils dont 9 enfants. Aucun guérillero
des FARC n’a été tué. Les pilotes de l’hélicoptère ont déclaré aux enquêteurs colombiens que l’opération avait été planifiée dans les locaux de l’Occidental Petroleum. Egalement en 1998, le
Parlement européen a voté une résolution condamnant la British Petroleum pour son financement de groupes paramilitaires en Colombie afin de protéger son pipeline.
Pour certains, le gouvernement aurait comme objectif de «faire disparaître complètement les ethnies et cultures traditionnelles du
Pacifique, ainsi que leurs organisations, dont l'existence est perçue comme un obstacle à la réalisation des soit-disant «projets de développement»

3/ Si les Farc ne sont pas des enfants de coeur, l'armée colombienne et les groupes paramilitaires ne font pas dans la dentelle non
plus.
En matière de violations des droits de l'homme, la Commission des droits de l'homme de l'ONU attribuait, en 1999, les atrocités à l'endroit des
autochtones à 73 % de la part des militaires, contre 27 % de la part de la guérilla.
En 1984, alors que la Colombie vit une
quasi-guerre civile depuis des décennies, l'Etat et les FARC signent un accord stipulant que l'Etat engagera certaines réformes politiques, sociales et économiques demandées par le
mouvement d'extrême gauche. Les guérilleros s'engagent de leur côté à renoncer à la violence et aux enlèvements. Ils s'organisent légalement au sein de l'Union Patriotique (UP) qui, dès 1985,
connaît de grands succès électoraux. Dans les années suivantes, l'UP est victime d'une campagne d'extermination. Le 11 novembre 1988 par exemple, quarante militants de l'UP sont exécutés sur la
place centrale de la commune de Segovia. On a parfois assisté à l'assassinat successif de quatre maires de l'UP dans une même localité. Assassinats individuels et collectifs font 3000 morts parmi
les élus, les membres, et les sympathisants de l'UP
4/ Sait on, que le trafic de drogue profite aux Farcs mais aussi aux groupes paramilitaires aux ordres du pouvoir ?
Les gros cartels ont été détruits dans les années 90 mais une foule de gens profitent toujours du narcotrafic dont le marché se trouve morcelé mais toujours aussi
prospère.
En effet, les propriétaires terriens, les politiciens, les éleveurs, les banquiers et les industriels ont pénétré les milieux
narcoparamilitaires à la recherche de soutien militaire et économique.
L'industrie colombienne de la drogue rapporte beaucoup trop d'argent
pour être ainsi détruite. Ce qu'on recherche, au fond, ce n'est pas la destruction du marché de de la drogue qui rapporte beaucoup trop d'argent pour être ainsi détruite, mais plutôt son
contrôle.
5/ La mort de Reyes est le dernier épisode de cette dramatique histoire . Il semble que le N° 2 des Farc était en pourparler pour la libération d'otages. Qui avait intérêt à le
liquider à ce moment là comme si on preferait poursuivre la guerre plutôt qu'à négocier ?
On retrouve ici la tactique américaine pour faire main basse sur les matières stratégiques : maintenir la guerre pour justifier son assistance, rendre cette guerre
"juste" (en l'occurence, une guerre contre la drogue et les méchants Farc)
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