Céline parmi nous
Voici la lettre de Céline à Henri Béraud, empruntée à l'excellent blog "le
petit célinien".
Tout est dit ou presque en quelques lignes.
Mon cher Henri Béraud,
Vous seul pouvez réfuter avec assez
de clarté, de force dans la modération, et de finesse pénétrante, les arguments de Blum au banquet de la Ligue contre l'Antisémitisme.
Nous n'en voulons pas aux juifs en tant que Juifs. (C'est une race intelligente, entreprenante, active, — bien que folle dans le fond!) Ce que nous leur reprochons, c'est de faire du RACISME.
C'est de ne s'être jamais prêtés chez nous —comme partout— à ce mélange des races dont Blum ose faire état quand il invoque ses ancêtres gaulois! C'est de nous mépriser. Un juif prendra avec
plaisir, pour maîtresse, Mlle Dupont ou Mlle Durand. Mais quand il voudra se marier, c'est Mlle Jacob ou Mlle Abraham qu'il épousera. Ce n'est donc pas nous qui l'excluons de notre communauté.
C'est lui qui s'en tient volontairement à l'écart, avec une fierté méprisante—et ridicule. Blum a l'aplomb de parler de religion, de prétendre qu'on persécute le juif comme attaché à une foi, au
même titre que le catholique (en Allemagne par exemple) — Or, sur dix juifs, il y a neuf agnostiques. La religion juive ne nous gêne en rien, le juif lui-même s'en moque, c'est un enfantillage
d'en vouloir faire l'objectif. C'est en tant que race qu'Israël nous turlupine, race orgueilleusement préservée de la corruption — la corruption, c'est nous! Que M. Blum nous cite un seul
non-juif dans ses ascendants, s'il l'ose! Voilà le fait. Fût-il mort au champ d'honneur, le juif est mort sans une goutte de sang français dans les veines. Nous le tenons pour non français parce
qu'il se refuse; lui, et lui seul, à pactiser dans le fait avec les français. Le jour où il lèvera cet interdit et se fondra réellement dans le bloc national, comme les bretons ou les provençaux,
alors il n'y aura plus de question juive.
Il n'est nul besoin d'être un observateur bien informé pour constater aujourd'hui, que les partisans du mondialisme, du libéralisme dévastateur, que les
anti-nationaux, les métisseurs, les artisans de notre culture décadente, les financiers cupides appartiennent proportionnellement en grand nombre au peuple élu.
Tout cela est-il dû au seul hasard ?
“Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire
odieux.” BHL
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