L'affaire UIMM prend de
l'ampleur.
PARIS (Reuters) - Le procureur de Paris Jean-Claude Marin, critiqué par l'opposition socialiste pour son action dans l'enquête sur la supposée "caisse
noire" de l'organisation patronale UIMM, annonce l'ouverture probable d'une information judiciaire et de nouvelles découvertes.
Il faut rappeler que des retraits en liquide d'un montant de 5,6 millions d'euros, ont été effectués entre 2000 et 2007, sur un compte de l'UIMM à la
BNP.
Les enquêteurs privilégient la piste du financement occulte de syndicats. Mais ils n'excluent pas que des partis politiques ou des parlementaires aient pu bénéficier de
cet argent .(Le Monde du 6/11)
Depuis deux décennies, les grandes écoles et les universités d'économie ont mis à leur programme des cours sur l'éthique des
affaires. Souvent ces cours ne représentent que quelques heures dans le programme d'une année. Bien sur il ne faut surtout pas généraliser mais l'on voit bien que si des cours d'éthique ont été
mis en place , c'est pour mieux masquer les turpitudes de certaines entreprises. Méthode bien cynique s'il en est que de prêcher la bonne conduite pour mieux s'en affranchir.
Compte tenu des probables révélations sur cette affaire, il est assez amusant de constater la gêne que commence à connaitre le plus
puissant syndicat patronal. Il faut noter que l'UIMM , est le plus gros financeur de fonds du MEDEF. Celui-ci composé de représentants des plus grosses entreprises
françaises et de cadres, doit montrer l'exemple vis à vis des entreprises adhérentes et surtout être le garant de leur moralité .
Le MEDEF pour sa part ne semble pas bien curieux de connaître l'origine des fonds de ses cotisants et ce ne sont pas les cris de vierge effarouchée de sa
présidente qui peuvent suffire à masquer son manque de curiosité, son inconséquence, voire son incompétence ou pire sa complicité. Complicité d'autant plus gênante qu'on l'a vue
complimenter son ami Nicolas, en public du moins, lors des universités d'été. Bien sur, elle ne peut être tenue pour responsable d'un système qui ne date pas d'hier mais qui semble avoir
satisfait l'ensemble des acteurs impliqués.
Le système de détournement et de fraudes fiscales, de financement occulte semble ne pas avoir perturbé grand monde depuis des années et même se banalise avec la caution bienveillante des
banques.
Il n'est qu'à nous souvenir de l'étrange complicité d' Antoine Seillière et de Jacques Chirac pour mieux comprendre l'inertie du MEDEF dans sa prétendue
opposition à notre ancien Président .
Les méandres de l'enquête risquent bien de lever des lièvres et on ne voit pas pourquoi ils échapperaient à une justice rendue très indépendante par
Nicolas Sarkozy. On sait l'homme revanchard et obstiné. Jacques Chirac risque, après son premier ministre de connaître les affres de son ancien rival à moins que l'ancien Président ne décide de
se décharger sur son ancien Premier Ministre une nouvelle fois.
Rappelons, pour mémoire, que la France est classée 35 ieme au rang des pays les plus corrompus ! Souhaitons qu'avec les révélations qui ne manqueront pas de
survenir, elle ne grimpe dans ce palmarès.
L'argent n'avait pas d'odeur, maintenant on sait qu'il est daltonien.
A suivre .......