Tchad: langage de vérité
Dans la capitale tchadienne d’où les rebelles s’étaient retirés dimanche soir, l’armée semble avoir repris le contrôle de la situation, mais les combats du
week-end ont fait "beaucoup de morts" et au moins 1000 blessés, selon le CICR.
La plupart des commentateurs français se félicitent de la stratégie française qui a été menée tout en finesse. Il est toutefois intéressant de savoir ce que disent les
observateurs tchadiens du rôle joué par notre pays pendant ces derniers jours.
Que disent-ils ? :
- Ce n'est pas une guerre idéologique ou inter ethnique : l'épisode actuelle n'est que la répétition de ce qui se passe depuis des décennies : il y a des gens au pouvoir qui sont
contents et d'autres qui voudraient y être et qui sont donc mécontents. Ceux-ci partent à l'est se faire armer par les cousins du Soudan (les ethnies sont transfrontalières).
- Les 48 heures de "wait and see" de la France ont été mal vécues alors que Djaména était totalement livrée aux rebelles.
- La France dit qu'elle attendait le feu vert de l'ONU. En fait pour les tchadiens, c'est la France qui aurait dicté sa conduite à l'ONU.
- Il y a eu enfin, et c'est évident pour tout le monde, des tractations avec M. Deby pour reconsidérer la sentence concernant les responsables de l'arche de Zoë.

Les anciens colonisateurs, atteints d'un sentiment de culpabilité entretenu par les ex colonies, font semblant de croire que les gouvernements africains sont sages et
responsables. Leur incurie est malheureusement totalement à l'origine de la misère qui atteint leurs populations depuis leur indépendance.
Ne cherchons pas de la géopolitique là où il n'en existe pas.
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