Lettre ouverte
Dax, le 5 juillet 2008
LCL (er) F-A de MONTAIGNE
Ancien du 35°RAP, du 1°RHP et du 1°RPIMa
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE
Monsieur le Président de la République,
En prenant vos fonctions le 6 mai 2007, vous êtes devenu ipso facto « Chef des Armées », pour la plus grande satisfaction du monde militaire qui majoritairement avait voté pour vous.
S’il est vrai qu’en ce début d’année l’élaboration du « Livre Blanc » a quelque peu ébranlé la confiance qui vous était faite depuis un an, pour des raisons évidentes qu’il nous parait inutile de
rappeler ici, il n’en demeure pas moins que nous pensions toujours être considérés comme les « meilleurs et les plus fidèles serviteurs » de la France.
Le décès de l’Adjudant Gilles POLIN du 1°RPIMa, vous a d’ailleurs donné l’occasion, le 12 mars dernier, de rendre hommage à travers lui à tous ces soldats qui risquent leur vie chaque jour, au
quatre coins du globe, pour défendre nos valeurs et nos couleurs.
Dans la culture militaire, un « Chef » ne se reconnaît pas uniquement à sa manière de rendre hommage de manière appuyée aux disparus, mais également et surtout à sa manière de soutenir ses
troupes en cas de coup dur…
Or dans le drame qui a touché douloureusement le 3°RPIMa dimanche dernier, vous avez réagi non en « Chef des Armées » mais en politicien affairé, jetant en pâture à l’opinion publique non
seulement un jeune sergent, chef d’un GCP, mais également son régiment et l’ensemble de l’institution militaire en commençant par le CEMAT, pour lequel vous avez eu des propos particulièrement
outrageants.
Souffrez monsieur le Président de la République que l’on vous dise en face que votre comportement dans cette affaire a été particulièrement « indigne » et que ce faisant vous vous êtes discrédité
aux yeux de vos « subordonnés ».
Notre sourde colère est à la mesure de l’affront que vous avez fait publiquement à notre institution. Mais rassurez-vous, nous ne descendrons pas dans la rue, comme d’autres corporations de
fonctionnaires ont pu le faire lorsque vous les avez malmenées, car ce n’est pas dans notre « culture ».
Nous n’attendons pas de vous des excuses pour cette « faute de commandement grossière », car il ne s’agit pas en la circonstance de simple « maladresse » de votre part, nous attendons de vous que
vous redonniez confiance à ceux que vous avez meurtris par vos propos désobligeants et à la limite diffamants.
Non, monsieur le Président de la République, nous ne sommes pas de « amateurs », car s’il en était ainsi, nous aurions à pleurer régulièrement la disparition de l’un des nôtres engagé dans une
OPEX aux quatre coins de la planète, ce qui n’est pas le cas.
Oui monsieur le Président de la République, il faut « sanctionner » les fautes commises avec sévérité et détermination, mais en gardant la tête froide, et le « sens de la mesure », ce qui n’a pas
été le cas dans l’affaire du 3°RPIMa.
Pour conclure, je formule un espoir, que vous profitiez de la célébration de notre fête nationale, le 14 juillet prochain, pour « reprendre la main » en douceur et retrouver la confiance de cette
armée qui reste prête à se sacrifier pour la Nation, pour peu qu’on la considère non comme un simple pion sur l’échiquier politique, mais comme une « véritable famille » au sein de laquelle les
mots « honneur », « respect », « disponibilité » et « fraternité » ont encore un sens.
Respectueusement
LCL (er) F-A de MONTAIGNE
Ancien du 35°RAP, du 1°RHP et du 1°RPIMa
Merci à "club-acacia"
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