La conduite du changement dans l'armée
La complaisance et la suffisance au pouvoir
Il me parait particulièrement utile de mentionner la courageuse et pertinente
interview de mon ami Montety qui reprend directement les questions que se pose un certain nombre de français devant les mutations affectant l'armée française
aujourd'hui.
J.L Georgelin se veut conscient et lucide sur les évolutions de notre amée, forte d'un passé glorieux mais pas toujours couronné
de succès, et sur le rapport délicat entre politique et défense.
Le changement, s'il s'impose aujourd'hui de façon aussi radicale et brutale, est bien le signe que le réveil est tardif. La
chute du mur de Berlin, dernier grand évènement qui a marqué la fin du modèle hérité de la deuxième guerre mondiale, date quand même de 1989.
Depuis, comment expliquer le train de sénateur adopté par les politiques dans la réforme de nos forces et partant dans
l'affectation des budgets et la rationnalisation des moyens qui doivent être précédées par un travail de prospective portant en particulier sur le matériel
et les équipements ?
Le choix fondé sur les individus, pour valable qu'il soit, nous a privé des moyens de transport nécessaires à la projection
des troupes sur les lieux de combats, des moyens de communication dont ne se sont pas privé les US et également d'une révision des armements lourds et individuels qui nous font cruellement défaut
sur les terrains d'opération comme en Afghanistan
Le résultat est que l'institution ne comprenant plus sa mission, passée d'une defense du territoire à des missions de maintien
de l'ordre et d'évacuation ou d'observation, est démotivée voire désespérée et tente par tous les moyens de conserver les acquis dans un reflexe de sauvegarde de son idendité.
Ce phénomène , généralement observé lors de la conduite de changement, est la conséquence de décisions souvent prises par le sommet de la hiérarchie sans concertation avec la base.
Le passage en force et le Livre Blanc imposé par le politique ne sont pas pour rassurer en raison d'une part de la mauvaise définition des objectifs et d'autre part du fait de l'absence de moyens au motif d'économies mal comprises. Ce phénomène est tout aussi observable dans les autres institutions (hôpitaux, Education Nationale...).
Le passage en force et le Livre Blanc imposé par le politique ne sont pas pour rassurer en raison d'une part de la mauvaise définition des objectifs et d'autre part du fait de l'absence de moyens au motif d'économies mal comprises. Ce phénomène est tout aussi observable dans les autres institutions (hôpitaux, Education Nationale...).
Redéfinir les missions, renouveler le lien entre le politique, la hiérarchie, l'encadrement intermédiaire et la base,
respecter la vocation centrale et primaire des armées, communiquer et expliquer ce que la Nation attend de s forces armées, engager des budgets de mise en conformité des équipements et enfin
accompagner, expliquer et former des personnels sélèctionnés pour leur esprit et non pour des raisons sans lien avec la grandeur de la fonction, voila un programme apte à redresser l'Armée et à
générer des vocations.
Mais nous sommes loin du mépris et des provocations auxquels
nous assistons et, n'en déplaise à J.L G, ceci nous rappelle l'origine de nos cuisantes défaites du XX° siècle.
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