Le projet "Pécresse", un coup pour rien
Sur son blog, Bernard Lugan trace un portrait sans concession du système
scolaire et universitaire français: une occasion de souligner que pour réformer convenablement, il faut du bon sens et du courage. Encore, faut-il arriver à vaincre les
blocages du corporatisme et l'opposition systématique des syndicats !
Le principal défaut du « projet Pécresse » était qu’il ne proposait rien tout en évitant prudemment de revenir sur un demi siècle de médiocratie et de secondarisation de l’Université.
En effet :
-à partir du moment où 80% d’une classe d’âge obtient le baccalauréat et comme il est interdit d’établir
une sélection à l’entrée des universités, ces dernières ont perdu leur vocation élitiste pour devenir des dispensatrices de savoir à des masses quasiment illettrées. Nos établissements ont donc
vu partir à la fois leurs meilleurs étudiants au profit des grandes écoles et leurs plus motivés au profit des filières professionnelles courtes, d’où l’effondrement des effectifs en Sciences
Humaines.
-en quelques années le public étudiant a changé et pour mettre l’enseignement supérieur à son niveau, il
a fallu le secondariser, c'est-à-dire le « pédagogiser ». Les universités n’ayant pas les moyens humains d’encadrer ces masses de bacheliers, des agrégés du secondaire y furent envoyés en renfort
pour tenter d’y faire ce qu’ils n’avaient pas réussi quand ils étaient professeurs dans les lycées. Les universités sont ainsi devenues un simple prolongement du secondaire." ........
.........Le « projet Pécresse » ne revient sur aucun de ces points pourtant fondamentaux. Négocié avec les syndicats, c’est un bien timide texte qui ne manifeste aucune volonté de rupture. Or,
vouloir sauver l’université française implique la répudiation de la massification au profit d’une re-élitisation
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