Hémorragie à St-Cyr ?
D'après Ouest-France, les diplômés des écoles de Saint-Cyr-Coëtquidan n’hésiteraient plus à quitter le métier des armes .
« Il ne
s’agit pas d’hémorragie, mais bien d’évaporation, tempère Nicolas de Lardemelle, le général commandant les écoles de Coëtquidan. C’est un phénomène connu. » Connu, certes, mais qui s’intensifie
(de 3 % en moyenne à 7 %, en 2006 et 2008), au point d’inquiéter les états-majors et d’obliger Nicolas de Lardemelle à se fendre d’un article sur le sujet dans Le Casoar, la revue des anciens de
Saint-Cyr. Des résiliations de contrat
Mais des résiliations de contrat, une fois le diplôme de l’École spéciale militaire en poche, alors que les jeunes diplômés doivent au moins cinq ans à l’armée, c’est un peu nouveau. « De jeunes
officiers, avec leur Master, rejoignent le privé, explique un enseignant de Saint-Cyr. Ils sont embauchés par de grands groupes (Michelin, Peugeot, Thales, CGM…) qui n’hésitent pas à racheter
leur scolarité à l’armée. » Crise de vocation? Crise de vocation ou attrait du secteur privé ?
Pour le général de Lardemelle, l’« évaporation » a du bon. D’abord « c’est un placement […], un investissement indéniable en termes de lien externe au profit de la communauté nationale ».
Ensuite, c’est la preuve que leur formation est « efficace et du meilleur niveau […]. N’ayons aucune honte à ce que de jeunes chefs bien formés au métier militaire décident d’exercer leurs
talents ailleurs, dans d’autres secteurs professionnels ». Ces départs de jeunes diplômés ou de jeunes cadres doivent donc être acceptés, estime le général de Lardemelle qui anticipe que « le
nombre des départs va croître », pour atteindre « 20 % à 30 % ».
Etrangement, le général ne parle pas de ceux qui partent écoeurés, en grande
partie par le manque de moyen. Il est banal de constater que 50 à 60 % des véhicules sont indisponibles. L'équipement individuel des officiers comme celui des sous officiers est financé sur
leur propre solde tandis que dans le civil les grosses boîtes fournissent à leurs cadres l'ordinateur, l'imprimante et le téléphone portable.
Ne parlons pas des ordres et contre-ordres qui pourrissent la vie quotidienne ou de l'impossibilité d'aligner des effectifs réglementaires avec du personnel perturbé par des
difficultés socio-économiques ou familiales , souvent en arrêt de travail ou fatigué d'avoir un peu abusé du haschich. En Afghanistan toutefois, le jeune officier retrouve le coeur du
métier et cela est tout à fait exaltant à condition de ne pas se poser de question sur la portée de la mission. Mourir pour l'Otan et les intérêts américains a t-il un sens pour
ceux qui ont choisi de servir leur pays jusqu'au sacrifice suprême ?
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