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Eclairage

Le courage du bon sens

1 Janvier 2007, 08:04am

Publié par Simon Duplessis

Il ne faut pas ralentir le rythme des réformes

Michel Godet est inquiet sur la portée des réformes de Nicolas sarkosy : elles sont incomplètes, parfois compliquées et on continue à subir le pouvoir de la rue.

"Fort des premiers succès extérieurs (traité simplifié européen, libération des infirmières bulgares), on pouvait profiter de l'État de grâce et tenir les promesses du candidat : on allait réformer l'université, instaurer le service minimum dans les services publics (souhaité par 70 % des Français) et réduire le train de vie de l'État en ne remplaçant qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite !"

Le test du 18 octobre 
Voilà que depuis mi-septembre les syndicats s'inquiètent : on parle d'aligner les régimes spéciaux sur celui des fonctionnaires. L'intervention télévisée du président le 20 septembre fut un exceptionnel sans-faute : chapeau l'artiste ! Il a abordé tous les sujets sans langue de bois et avec une grande force de conviction. Les réformes : il veut, il peut, il va les faire ! On va bientôt savoir si la détermination du président l'emporte sur celle des grévistes. La grève des services publics du 18 octobre va servir de test pour savoir si dans le gant de velours il y a une main de fer ou de guimauve.

  Il faudrait plus travailler longtemps, conséquence de l'esperance de vie et de la  pyramide des âges.
Ce jeudi noir aura coûté fort cher : près de 5 milliards d'euros de richesse non créée par jour de travail en moins. La France n'est pas riche, elle croule déjà sous les dettes. Rien n'y fait, certains privilèges sociaux étant d'abord la contrepartie de la capacité de nuisance, on continue en octobre 2007 à prendre la population en otage et à réclamer le retour en arrière à 37,5 annuités pour tous ! Comme si l'on pouvait revenir à la France jeune des années 70 avec beaucoup d'actifs et peu de retraités et une espérance de vie de huit ans plus faible ! En raison du vieillissement, les Français devront aussi, comme les autres Européens, travailler jusqu'à 65 ans voire au-delà à temps partiel.

 
Le service minimum, on l'attend toujours ! 
Dans ces conditions, il faut aussi que les régimes spéciaux injustifiés disparaissent : ceux qui partent le plus tôt sont aussi ceux qui touchent le plus (85 % de taux de remplacement à EDF-GDF) et vivent le plus longtemps avec une espérance de vie qui dépasse celle des instituteurs. À 50 ans, les conducteurs de TGV sont tellement « épuisés » que nombre d'entre eux se font embaucher ailleurs (souvent une filiale de la SNCF) pour cumuler leur retraite avec un nouvel emploi privé ! Du point de vue syndical, la grève du 18 octobre aura été un succès : avec 75 % de participation ! Du point de vue des citoyens contribuables et usagers, la colère monte : ils se demandent toujours pourquoi on n'a pas instauré le principe des grèves positives, en assurant le service public sans faire payer l'usager ! Quant au service minimum, on l'attend toujours.

Cependant, on peut craindre que la volonté politique affichée se retrouve amoindrie dans les faits comme ce fut le cas ces derniers mois.
 Pour la fonction publique nationale, la réforme est enclenchée mais pas au rythme promis, puisque seulement 23 000 postes sur 70 000 départs ne seront pas remplacés en 2008. C'est une pièce majeure de la cohérence du programme de Nicolas Sarkozy qui fait ainsi défaut. Comment payer plus les fonctionnaires qui restent s'ils sont toujours aussi nombreux ? Sans oublier que ceux qui partent à la retraite coûtent presque aussi cher qu'en travaillant. Pourquoi n'a-t-on pas eu l'idée de bon sens de les garder le plus longtemps possible ? On continue malheureusement à créer de nouvelles dépenses publiques (avec notamment l'augmentation au rythme de 40 000 par an des fonctionnaires dans les collectivités territoriales) en les finançant, à crédit, sur le dos des générations futures.

 En ce qui concerne les heures supplémentaires non taxées pour sortir par le haut des 35 heures, je suis inquiet : à l'origine de l'idée du « black officiel » pour encourager les fourmis, j'ai tout fait, mais en vain, pour éviter l'usine à gaz (et à fraude) des ruineuses réductions de charges.


Toujours pas de sélection à l'entrée en fac
 
Durant l'été, alors que les étudiants étaient en vacances, on a lâché aussi sur l'élection des présidents d'université puisque les personnalités extérieures ne pourront participer à leur élection. Autre recul, la sélection à l'entrée des universités a été reportée au-delà de bac + 3 !


 Enfin, on a fait aussi le minimum sur le service minimum dans les transports qui, même dans sa version peau de chagrin (préavis individuel de grève de 48 heures à l'avance, vote à bulletins secrets pour la poursuite de la grève), ne sera pas appliqué à l'éducation. S'il est scandaleux de prendre des usagers en otages dans les transports, que dire des enfants dans les écoles que l'on prive du savoir qui leur est dû ?

Michel Godet : encore un déçu à la mesure de ses espérances ...

 

 

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